Sahara : Nouveau modèle de gouvernance

Le discours Royal à l’occasion du 39ème anniversaire de la Marche Verte, tout aussi précis que plein d’enseignements, marque par ses multiples messages la constance dans les positions et la détermination à aller de l’avant dans l’effort de consolidation des acquis stratégiques et de poursuite de la dynamique de démocratisation, de développement, de modernisation et d’ouverture du pays. Une dynamique qui fait appel à la présence et à l’implication effective des acteurs et responsables dans les différentes institutions. 

D’où d’ailleurs l’annonce par Sa Majesté d’un grand chantier qui va être engagé l’année prochaine dans la construction de nos provinces sahariennes et qui va être déterminant dans leur développement : Mise en oeuvre de la régionalisation avancée et mise en place d’un modèle de développement spécifique. Outre l’Exécutif et le pouvoir judiciaire, les acteurs élus sont désormais appeler redoubler d’efforts pour asseoir ce nouveau concept sur de solides bases, dans toutes ses dimensions et ses ramifications, fondé « sur le patriotisme sincère impliquant un attachement sans faille à l’intégrité territoriale de notre pays », avait précisé le Souverain. L’élu se doit, donc, d’être au service du citoyen, de se hisser au niveau de la confiance qu’il a placée en lui, et de transcender les considérations personnelles ou catégorielles étriquées. Cet élan citoyen doit se faire dans une synergie sociale attachée aux fondamentaux du peuple marocain avec des « régions solidaires, complémentaires qui s’entraident et se soutiennent mutuellement ».

Car les Marocains sont « un brassage civilisationnel authentique entre toutes les composantes constitutives de l’identité marocaine. Pour Nous, ils sont tous égaux, sans distinction entre le Jebli et le Rifain, entre le Sahraoui et le Soussi, etc».

L’anniversaire de la Marche Verte étant l’occasion indiquée pour faire le point sur l’évolution de la question de l’intégrité territoriale du pays, SM le Roi l’abordera avec sa franchise habituelle: « Le Maroc restera dans son Sahara, et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps. Outre le don de soi, les Marocains ont consenti d’autres formes de sacrifices matériels et moraux, n’hésitant pas à partager leurs ressources avec leurs frères du Sud. Chacun sait dans quel état se trouvait le Sahara avant 1975. A ceux qui ignorent ou feignent d’ignorer la vérité, je livre ces quelques données : Depuis la récupération de notre Sahara, pour chaque dirham des recettes de la région, le Maroc investit 7 dirhams dans son Sahara, dans le cadre de la solidarité entre ses régions et entre les enfants de la Patrie unie. Quant aux indicateurs de développement humain dans la région, ils étaient, en 1975, inférieurs de 6 % par rapport aux régions du Nord du Maroc, et de 51 % par rapport à la moyenne nationale en Espagne. Aujourd’hui, ces indicateurs dans les Provinces du Sud dépassent de loin la moyenne des autres régions du Royaume. Voilà pourquoi je dis, et en toute responsabilité : assez de mystification sur une prétendue exploitation par le Maroc des richesses de la région ! ».

Ces richesses doivent, rappelle Sa Majesté, profiter à tous, à la Nation en premier: « Nous savons également que certains mettent un pied dans la Patrie tant qu’ils profitent de ses richesses, et l’autre pied chez ses ennemis, s’ils n’en ont pas tiré parti. Ici je dis : Assez de la politique de rente et de privilèges ! Assez de la mercantilisation de la patrie ! Pour autant, il ne faut pas dramatiser non plus. Car ces opportunistes restent malgré tout une minorité, qui n’a pas sa place parmi les Marocains, pas plus qu’elle n’a d’impact sur l’attachement des sahraouis à leur Patrie ». Pour ce faire, le Souverain annonce la rupture imminente avec le mode de gouvernance précédent en vue de permettre aux «fils de la région de participer à la gestion de leurs affaires locales, dans un cadre de transparence, de responsabilité et d’égalité des chances », tout en engageant le secteur privé à s’impliquer davantage dans le « développement des provinces du Sud».

Cette forte volonté Royale se traduit par la décision stratégique de mettre en œuvre la régionalisation avancée en commençant, en premier lieu, par les provinces du Sud. L’intérêt est grand et urgent du fait de la possibilité que cette régionalisation offre aux populations de ces provinces de participer, dans les plus brefs délais, à la gestion de leurs affaires locales et de contribuer au développement humain intégré et durable.

Preuve de détermination, la décision est accompagnée par l’annonce de l’élaboration d’un modèle de développement régional intégré et rigoureux, s’appliquant à une échelle la plus large possible, visant à créer une synergie et une complémentarité entre les programmes sectoriels et dont la préparation se fera suivant une approche participative.

Approche participative qui implique, également, les acteurs du tourisme qui doivent se mobiliser pour donner sa chance aux provinces du Sud en termes d’investissements touristiques et de programmes spécifiques. Une implication soutenue à travers des actions qui doivent être entreprises dans le cadre promotionnel, afin de mieux faire connaître les potentialités touristiques de cette partie du territoire. Un développement qui serait certain puisque la totalité des sites et paysages sont intéressants, mais jusqu’ici insuffisamment aménagés et dotés d’équipements appropriés.

Pour l’heure, l’attrait principal reste la découverte de la nature, du milieu désertique et le tourisme d’exploration qui pouvait être complété par la pêche et par la chasse.

Or, le discours royal n’est que plus clair : tous les intervenants dans l’économie nationale, y compris les acteurs touristiques, devraient mettre la main à la pâte, dans une nouvelle ère marquée par un nouveau modèle de gouvernance, garant de richesses et de développement.

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