Tourisme : Zouitene professionnel de l’année 2017 ?

Exercice délicat. Celui qui consiste à juger les actions des hommes et des femmes ayant marqué l’année. Car, on ne peut métrer l’action du premier de la classe sur le seul critère de ses bonnes grâces ou faveurs. Malheureusement, la rigueur mathématique n’est pas de mise dans le classement des personnes marquantes, pour que celui-ci soit plus crédible et vrai. Comme pour la plupart des secteurs d’activité, cela équivaut également pour le tourisme qui compte, avouons-le, des acteurs ayant contribué, à des degrés différents, par la mise de leurs pavés dans la mare. Encore faut-il que l’éloge revienne à des actions dont les incidences sont nationales et non réduites à des collectivités.

Ce n’est pas dans les habitudes éditoriales de Tourisme & Gastronomie d’élire tel ou tel pour l’année qui s’achève, car nous concevons que la meilleure façon de louer le mérite d’un professionnel, public ou privé, est d’en décrire l’action et ses répercussions sur le secteur.

A ce titre et sans favoritisme aucun de notre part, il y a lieu de penser qu’un hommage légitime doit être rendu à ceux qui quittent leur fonction haut la main, avec un palmarès appréciable et tout à leur honneur. Parmi eux, on peut citer sans rougir, l’ex-Directeur général de l’ONMT Abderrafie Zouitene, qui dota l’Office d’une dynamique sans précédent dans ses techniques de fonctionnement, de promotion et d’approche partenariale. Les résultats s’en ressentent encore à travers les accords passés avec de nouvelles compagnies aériennes, en vue de programmer le Maroc ou renforcer des lignes déjà existantes. Les retombées sur les différentes destinations du pays desservies, ont fait que celles-ci, ont enregistré une croissance positive en termes d’arrivées et de nuitées.

Citons, au niveau aérien, le vol Paris-Dakhla qui contribue au rayonnement de cette destination du sud marocain et sa confirmation parmi les capitales du kitesurf.  Rien qu’avec Transavia, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM, l’Office avait signé un contrat qui doit permettre d’intensifier son développement au Maroc. C’est ainsi qu’en 2018, Transavia y prévoit une augmentation de 33% de son offre. Soit 873.000 nouveaux sièges. Sont concernées aussi bien des villes déjà desservies comme Marrakech ou encore Agadir, mais aussi de nouvelles destinations que l’Office souhaite mettre en avant, à l’instar de Dakhla avec l’ouverture d’un vol direct Paris-Dakhla sur l’hiver 2017/18 et le Paris-Rabat sur l’été 2018. Avec la perspective de lancer plusieurs autres vols durant l’hiver qui concernent les bases de Paris, Nantes et Lyon. Elle reliera Paris à Casablanca, Nantes à Agadir (Eté 2018), Lyon à Oujda, tandis que la ligne Paris-Tanger, initialement mise en place pour la saison estivale, sera prolongée. Sans oublier le renforcement des routes déjà opérées: Paris-Marrakech, Lyon-Agadir et Lyon-Marrakech avec une 3ème fréquence.

Faut-il le rappeler ? En 2017, 8 compagnies aériennes, dont Royal Air Maroc, ont rajouté 50 nouvelles fréquences. Soit 21% de plus de la capacité en sièges auxquels s’ajoutent les capacités annoncées par Transavia.

Le volet de l’aérien a, en effet, été bien maîtrisé et mené à bon port par Zouitene et ses équipes, fort d’une longue expérience passée avec la RAM qu’il représentait à Paris. C’est pour dire qu’il connaissait bien son affaire. En fait, l’ouverture de nouvelles liaisons était incontournable pour Zouitene, qui en faisait l’un de ses grands axes stratégiques. A préciser que les nouvelles connexions s’inscrivent dans la feuille de route, globale et d’accompagnement, du département de Zouitene pour le renforcement des dessertes point à point sur le Maroc auprès des marchés à fort potentiel touristique. Justement, les connexions point à point, pour certaines destinations comme Essaouira, visent à renouer avec les marchés prioritaires, notamment européens. Il s’agit également de développer une offre annuelle et non saisonnière.

Généralement, les actions conjuguées de communication sur des médias ciblés, le digital et les efforts des professionnels, ont permis d’augmenter significativement les flux pour 2017, permettant d’atteindre 11 millions de touristes, avec 22 millions de nuitées et un apport en devises s’élevant à 68 milliards de dirhams contre 64 milliards l’année dernière.

La reprise s’est alors confirmée, fruit d’actions engagées par les professionnels du secteur, à leur tête l’ONMT, qui a multiplié tout au long de l’année les partenariats avec les compagnies aériennes, renforçant ainsi l’offre aérienne du pays, notamment les vols intérieurs. Elle a été constatée au niveau de presque toutes les destinations nationales phares, ainsi que celles qui rarement affichaient de si bons indices de santé. En tête de ligne, Marrakech aura reçu 2 millions et demi de touristes, un record inégalé auparavant. Ouarzazate, quant à elle, aurait connu une progression de 34% en nombre de touristes. Les établissements touristiques de Fez ont vu leur activité augmenter de 40%, avec une durée de séjour étalée sur deux nuitées. Les 140 rotations hebdomadaires y sont certainement pour quelque chose. Tanger, elle, a connu une progression de 29% en arrivées, soit 510.675 arrivées. Chefchaouen, devenue une destination de prédilection pour les touristes asiatiques particulièrement les chinois, les intellectuels et les stars du show biz, a enregistré 40.620 d’arrivées, soit une progression de 34%. Alors que les nuitées à Agadir ont enregistré une hausse de 11,35%.

Même tendance haussière pour les autres villes du Maroc, bien que « l’invisibilité » soit sur toutes les langues.

L’adoption d’une stratégie de communication digitale a bel et bien fini par porter ses fruits. Jamais le Maroc n’a, en effet, été si présent dans les plateformes web, réseaux sociaux et blogs de bonne facture, qu’il ne l’a fortement été en 2017. Il s’agit d’un dispositif de communication à 360 degrés pour la promotion de la destination. Il se décline en publicité à travers l’affichage, la presse et le web en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, mais aussi en relations publiques et presse à travers des voyages de presse. Pour rappel, le plan d’action de Zouitene vise notamment à impliquer les régions dans le renforcement des dessertes aériennes. L’implication de celles-ci permettra de renforcer le budget alloué à ce volet. Cette démarche peut ainsi être généralisée et optimisée afin de garantir, par un cofinancement ONMT-région, une meilleure accessibilité, avec des vols internationaux et nationaux, au départ des bassins émetteurs considérés comme prioritaires. Les éductours se succédaient à tel point que presque chaque semaine une opération est menée au Maroc, souvent par thèmes valorisants, comme l’offre Spa, tourisme du désert, voyages gastronomiques, etc. L’image du pays se trouvait alors confortée par une communication moderne, multi-pôles, orchestrée sur plusieurs canaux digitaux du monde.

Mieux, sa ténacité, aux côtés des professionnels, d’investiguer des marchés lointains mais porteurs, comme la Russie ou la Chine, avait eu véritablement de l’effet en enregistrant de la croissance au niveau des flux touristiques provenant de ces marchés.

Aussi Zouitene avait prévu, comme il l’avait annoncé, lors d’une conférence de presse en présence de membres de la CNT, à leur tête Abdellatif Kabbaj, en qualité de président, de doter le Maroc de son propre salon du tourisme avec comme accroche principale, l’orientation vers l’Afrique.

Actions ayant bien servi le tourisme au Maroc et, partant, les intérêts des professionnels eux-mêmes. Ces derniers l’ont toujours en estime, au vu de son approche professionnelle de bon aloi, imprégnée de valeurs humaines certaines. Son départ aura laissé un vide auprès du collectif professionnel qui voyait en lui plutôt un allié qu’un haut fonctionnaire du tourisme.

2017 aura certainement été marquée par de la synergie entre les équipes de l’administration touristique et le corps professionnel, pour plus d’ouverture sur les vrais besoins de la destination et d’efficacité dans les actions menées sur le terrain, à l’intérieur du pays et auprès des marchés cibles. Et on ne peut nier le travail formidable réalisé par Zouitene durant tout son mandat et, plus particulièrement, en 2017. A espérer que son successeur saura mettre davantage les acquis accomplis à profit, en les inscrivant dans la continuité et la vivacité.

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