Le Maroc célèbre la Journée internationale de la femme

Une marche mondiale des femmes sera organisée le 8 mars prochain, à l’occasion de la journée internationale des femmes. A noter que la Marche mondiale des femmes (MMF) est un réseau mondial d’actions de lutte contre la pauvreté et la violence envers les femmes.

Comme partout de par le monde, le Royaume célèbre la Journée Internationale de la Femme. Une manière de rendre justice au genre féminin et une reconnaissance des services et sacrifices qu’elle a rendus à la société en général, aux institutions, et multiples départements socioéconomiques marocains …

A cette occasion, la MMF (Marche mondiale des femmes) appelle à « une marche mondiale le 8 mars 2019, pour dénoncer les politiques d’austérité qui marquent la réalité de beaucoup de pays cette dernière décennie ». Et d’ajouter également que la préparation d’une 5ème  action internationale de la Marche mondiale des femmes, aura lieu en 2020.

Créé en 1996, le mouvement a recueilli en l’an 2000 l’adhésion de près de 6.000 groupes de femmes à travers 163 pays et territoires du monde. Depuis, la MMF est devenue fortement active au niveau national et international.

A cette occasion, Al BORAQ apporte sa contribution en proposant à ses clientes 888 places à seulement 80 DH, pour un voyage le 8 mars, indique l’ONCF dans un communiqué, relevant qu’il s’agit d’un « geste par lequel l’Office rend hommage aux femmes et démontre sa volonté de les accompagner et de les soutenir dans leur mobilité ».

Quant à TRACKS, le magazine à la pointe des cultures qui ne rentrent pas dans le rang, consacrera ce vendredi 8 mars, dès 23h25, une émission exceptionnelle autour des artistes «féministes ». Au programme : des reportages dont un 12 minutes entièrement tourné au Maroc.

Pour revenir aux droits de la femme, le débat sur la nécessité d’une réforme de la Moudawana revient en force au Maroc. Il demeure toujours d’actualité. Selon plusieurs observateurs experts en matière des droits de l’Homme, l’idée nouvelle réforme s’impose incessamment.

Dans ce sens, après 15 ans de sa mise en œuvre, la Moudawana (code de la famille), paraît obsolète ou incompatible avec la réalité du moment. Selon Aicha Loukhmas présidente de l’Union de l’action féministe (UAF), il y a encore plusieurs défaillances, et donc l’idée de nouvelles recommandations du mouvement féminin pour une nouvelle refonte demeure impérative.

Malgré des avantages indiscutables en faveur de la femme apportés par la Moudawana, celle-ci a laissé la voie ouverte à plusieurs contournements, dus aux dispositions « conservatrices » qu’elle a gardées, estime Maître Loukhmas. Car, en effet, certains articles et textes de loi, continuent de contourner d’autres dispositions de la Moudawana, et qui nécessitent absolument une révision radicale.

Tout d’abord, l’appel à la révision touche le mariage des mineurs et la polygamie. L’article 16 de la Moudawana ouvre la voie à la légalisation de ces deux actes. Selon cet article, « le document de l’acte de mariage constitue la preuve valable du mariage ». « Il faut donc ajouter des précisions pour éviter ce genre de cas », insiste Aicha Loukhmas. D’ailleurs, selon le HCP, les mariages des mineurs représentent actuellement 12% des mariages au niveau national. 95% des mineurs mariés sont des filles. En plus, on déplore les injustices subies par la femme notamment en cas de divorce. « Certaines procédures peuvent durer une éternité à cause de la non-reconnaissance de la tutelle légale de la mère sur ses enfants », poursuit-elle.

L’autre hic concerne l’héritage. A ce propos, Aicha Loukhmas est outrée : « L’héritage par Taâsib n’a pas lieu d’être ». « Il n’y a rien qui interdit une succession équitable », dit-elle.

Et d’ajouter : « Non seulement la loi actuelle ne permet pas à la femme de préserver ses biens, mais elle ne reconnaît pas les travaux effectués à la maison, malgré leur coût économique et physique », ajoute notre source. Des mesures concrètes s’imposent pour garantir à la femme ses droits notamment en cas de divorce.

Pour conclure, toutes les associations féminines sont unanimes sur une réforme de la Moudawana basée sur plus d’équité. A cet effet, un mémorandum est actuellement en cours d’élaboration, selon Maître Loukhmas. Il devra regrouper toutes les recommandations de la société civile pour une révision globale de la Moudawana.

Pour rappel, en mars 2018, la Princesse Lalla Meryem avait suggéré la remise au Roi Mohammed VI, d’un mémorandum au sujet de la condition des femmes et d’ouvrir un débat national sur le sujet. Idem pour le message Royal adressé, en février 2018, à la conférence des ministres des pays de l’Isesco, dans lequel le Roi Mohammed VI avait évoqué la nécessité d’une « évaluation propre à corriger les insuffisances révélées par la pratique pour accompagner l’application du Code de la famille ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

eget massa velit, dolor. commodo non facilisis