Le consumérisme face à la digitalisation de la société

Organisée, le 13 mars dernier à Casablanca, la 2e édition du Forum Moroccan Consumer Day, sous le thème « Le consumérisme face à la digitalisation de la société : Défis et opportunités». Ce forum représente autant de défis et d’opportunités, telle est la thématique proposée par les organisateurs. C’est, en effet, un événement qui a mis la lumière sur tout l’écosystème de la consommation au Maroc et a permis d’analyser l’impact de la digitalisation sur le comportement de consommation et les rapports marques/consommateurs.

Ont été présents à cette 2ème édition : Experts, chercheurs-universitaires, spécialistes du digital, producteurs de marques, médias… Ceux- ci ont saisi cette occasion pour débattre d’un sujet d’actualité afin d’anticiper les changements de comportements et leurs conséquences sur les marques et produits, avec comme préoccupation majeure le consommateur.

Dans ce sens, les grands changements dus au grand essor qu’à connu la digitalisation provoque certaines appréhensions, que ce soit avec le smartphone, et aussi sur nos vies deviennent de plus en plus digitalisées. Autrement dit, l’on switche vers un nouveau modèle aux contours non complètement définis, basé sur la notion de «l’individigital» (contraction entre individu et digital). Un schéma représenté par le profil Facebook ou l’adresse IP, reléguant l’homme au second plan.

Il faut rappeler qu’à l’heure du digital, les pratiques de consommation ont été complètement chamboulées. Selon François Allard-Huver, expert en stratégie digitale, maître de conférences, professeur à l’Université de Lorraine : «Nous sommes aujourd’hui dans une phase de défiance. Les consommateurs se montrent de plus en plus suspects vis-à-vis des institutions, des entreprises, des médias et des pratiques».

D’ailleurs, d’après un sondage présenté au forum et réalisé par l’agence Edelman en 2018, à peine 44% des Français faisaient confiance à leurs institutions, contre 52% dans une vingtaine de pays européens sondés (taux global). En plus, l’on assiste, actuellement, de plus en plus à une baisse générale du capital confiance dans les médias: 43% taux global, contre 33% en France ou encore 30% en Turquie, qui affiche le plus mauvais taux. Cette perte de confiance se traduit par de la défiance.

Pour Allard-Huver : «Cette augmentation de la défiance vis-à-vis des médias invite à réfléchir sur les nouvelles manières des consommateurs de s’informer», tout en soulignant qu’avant tout acte de consommation, il y a un acte d’information qui se construit. Ce qui traduit une modification des pratiques consuméristes. D’ailleurs, plus de 70% des achats sont précédés par des recherches en ligne. Ce phénomène traduit également l’émergence de nouvelles manières de penser le rapport à l’information et sa production. A travers des réseaux sociaux, les consommateurs se comportent comme le font les médias ou les autorités de l’ONSSA.

A noter également que l’avènement de l’ère digitale a rendu possible l’appropriation de la fonction d’auteur et d’éditeur par un nombre croissant d’acteurs. Or, qui dit source d’information alternative, dit faits alternatifs, ou encore fake-news (appelés aussi infox). Les réseaux sociaux et les applications de messagerie sont devenus le vecteur de ce type d’informations, canal au travers duquel les consommateurs interrogent et interagissent de plus en plus. Avec leur puissance virale, les conséquences des fake news sont devenues potentiellement plus ravageuses.

Dans ce monde de plus en plus connecté et interactif, les consommateurs, devenus fans qui selon notre expert, «veulent un siège à la table des entreprises, donner leur avis sur la manière dont les marques mettent en place des produits et usages. Ils veulent être des consommateurs qui produisent, des lecteurs qui écrivent, des spectateurs qui participent». D’ailleurs, l’usage des réseaux sociaux offre la possibilité d’interagir directement avec les marques et d’être plus actif.

Pour revenir audit forum, le Consumer Day a vu la remise par les organisateurs de prix «Conso Awards». Le jury présidé par  Meriem Oudghiri, secrétaire générale de la rédaction de L’Economiste, a attribué deux prix dont l’un sur la transparence (Lydec). Le second prix a été décerné à Aiguebelle pour la catégorie «marque durable». Un prix d’honneur a été remis à la présidente du jury en sa qualité de journaliste initiatrice de la promotion de la culture consumériste à travers le royaume.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

venenatis consectetur eget ut fringilla ut dapibus sem, ut