Khénifra : « Quelle place pour les zones rurales et montagneuses dans le nouveau modèle de développement ? »

Mille et une façons de vivre la découverte de la Province de Khénifra et son arrière pays si riche par ses paysages grandioses, ses traditions ancestrales jalousement préservées par ses valeureuses populations très accueillantes. 

Le département du Génie Informatique et Sciences Sociales de l’Ecole Supérieure de Technologie de Khénifra a organisé, les  25 et 26 avril 2019, un colloque National sous le thème : « Quelle place pour les zones rurales et montagneuses dans le nouveau modèle de développement ? »

Lors de ce colloque, cinq panels ont été organisés et animés par d’éminentes personnalités du monde universitaire, de la recherche qui ont débattu de différents sujets en relations avec les thématiques suivantes : L’ Analyse critique de la stratégie poursuivie par les pouvoirs publics pour réaliser le développement des zones rurales et montagneuses ; Le Modèle de développement approprié pour les zones rurales et montagneuses ; Le rôle des institutions de déconcentration et de décentralisation territoriale, notamment la région dans le nouveau modèle de développement des zones rurales et montagneuses ; La place de l’économie solidaire, et du tourisme dans le développement des zones rurales et montagneuses, et enfin, la place de la société civile, de la culture dans le nouveau modèle de développement des zones rurales et montagneuses.

Selon les différents intervenants, le développement vise l’amélioration des conditions et de la qualité de vie des citoyens et leur permet, ainsi qu’à leurs familles la maitrise de leur environnement et de leur destin. Dans ce sens donc, l’on souligne que si l’objectif de réaliser le développement demeure, en premier ordre, une affaire humaine où l’homme face aux aléas de la nature doit mobiliser toutes ses forces et toute son intelligence pour atteindre le développement, cette problématique est aussi une occupation de l’Etat et donc ce dernier est censé élaborer des politiques publiques, efficientes et adéquates pour y arriver.

Nonobstant la multiplication des stratégies suivies, souvent inspirées de différents modèles de développement tels que les politiques sectorielles, de planification, d’aménagement de territoire, de polarisation, de développement local ou de décentralisation, le bilan reste dérisoire. Mais s’il y a des espaces où le développement reste loin d’être réalisé, ce sont évidemment, les zones rurales et montagneuses. En effet, ces zones ont toujours été considérées comme des réservoirs alimentant, sans contrepartie, les besoins de développement des zones urbaines. Ainsi, à cause de l’ingratitude du centre, les conditions de vie de larges couches populaires dans ces régions se détériorent, de plus en plus, en raison de l’approfondissement du fossé entre les régions urbaines et les zones rurales et montagneuses.


Effectuant le bilan de cette expérience de développement, les différents rapports des instances publiques nationales affirment cet état d’injustice territoriale, notamment le rapport du Conseil Economique Social et Environnemental (Saisine n° 21/2017). En effet,  dans son rapport, le CESE considère que, les zones montagneuses marocaines sont très diversifiées et présentent des caractéristiques naturelles très variées. Leur poids historique, dans le maintien de l’unité nationale, ainsi que leur patrimoine culturel font de ces zones un espace territorial d’une portée capitale pour le développement du pays et l’épanouissement des populations de ces zones. D’autant plus, bien que ces zones de montagne offrent des potentialités diverses dans les domaines de l’agriculture, de forêts, de parcours, des mines, du tourisme et de l’artisanat, et ne sont pas exploitées de manière harmonieuse et optimale.
Dans ledit rapport, le CESE a constaté que malgré leurs richesses considérables, les zones montagneuses affichent les taux les plus élevés en termes de pauvreté et de vulnérabilité, et accusent un retard considérable en matière de développement au niveau national et leur contribution directe au PIB reste limitée et ne dépasse guère les 5%.

Ce constat paradoxal n’est pas digne du rôle que ces zones rurales et montagneuses auront à jouer dans un modèle de développement juste et intégré, qui garantit le respect de la dignité humaine et ce, en conformité avec le discours de S.M du 13 octobre 2017, qui a révélé que le développement n’a pas connu le chemin vers ces zones pendant plusieurs années et par conséquent a été la cause de la situation sociale rétrogradée, précaire et du développement limité.

Ce bilan caduc, selon les organisateurs de ce colloque, organisé au cœur de la zone montagneuse du Moyen Atlas Marocain à Khénifra nous interpelle et nous questionne, plus que jamais, sur l’importance à accorder à ces zones dans le nouveau modèle de développement, sur le plan d’action et sur les potentialités et les outils à déployer pour rattraper le retard accusé, et réhabiliter ces zones, dans leurs droits de bénéficier des avantages de la justice territoriale, qui permet l’amélioration de la qualité et le bien être des citoyens et qui est la base du nouveau modèle de développement d’un Maroc nouveau et moderne dont les fondements sont annoncés solennellement dans le préambule de la constitution : « Etat de droit, démocratie, pluralisme, bonne gouvernance, société solidaire articulée autour de la sécurité, la liberté, l’égalité de chance, la dignité et la justice sociale ».

      Cette belle Province de montagne regorge de potentialités touristiques indispensables à tout développement de projets d’hébergement et d’activités touristiques, particulièrement celles liées aux nouvelles formes de tourisme tel que le tourisme de montagne, l’écotourisme, le tourisme rural et le tourisme d’aventure. Elle est considérée comme une destination privilégiée du tourisme écologique par la beauté de ses montagnes aux couleurs rougeâtres, de ses lacs et de sa forêt majestueuse du cèdre.

     La ville de Khénifra, chef lieu de la Province du même nom ; est aussi une ville du Moyen Atlas central marocain, aux couleurs rougeâtres, bâtie sur les deux rives de l’un des plus grands fleuves du Royaume qu’est l’Oum Errabia et le dir entre le plateau central et le Moyen Atlas ( Fazaz ) et la partie ouest du Moyen-Atlas et elle est située sur un axe national stratégique du circuit des villes impériales du Royaume à savoir : Fès à 160 km et Marrakech à 300 km. 

     Deux monuments historiques marquent l’histoire de Khénifra ; les seuls d’ailleurs existant encore partiellement et classés en tant que patrimoine national : La kasbah de Mouha ou Hammou Zayani, initialement la casbah d’Oulaidi, l’unique bâtiment historique classé au niveau de la cité des Zayanes , le fameux pont sur l’Oum Errabiaa dit « portugais », des légendes ont été tissées autour de sa construction et la casbah d’Adekhssal ce vieux fort qui est aussi, une pièce de la mosaïque de l’histoire de la région. 

     La région de Khénifra au fait ; a toujours été considérée comme la grande réserve d’eau du Maroc car deux plus importants fleuves du Maroc y prennent naissance, à savoir Oum Errabiaa et ses affluents Chtouka, et l’arrière pays de cette ville recèle les sites touristiques des plus attractifs du Moyen Atlas dont notamment et entre autres :Les sources de l’Oum Errabiaa, le Lac Aguelmame Aziza, le lac Tiguelmamine, le Lac Ouiouane, l’Aguelmame N’Miaami, le Lac Aguelmame Abakhane, le plan d’eau du barrage Tanafnit El Borj et le plateau d’Ajdir Izayane.

      Sur le plan de l’infrastructure d’accueil touristique, la province de Khénifra qui a enregistré durant le premier semestre de l’année 2018 en cours quelques 5696 arrivées touristiques réalisant 6499 nuitées dans les différentes unités hôtelières classées dans la province compte à ce jour :

  • 08 établissements hôteliers classés de 01 à 03 étoiles dont la majorité se situe au niveau de la ville de Khénifra (06) totalisant 212 chambres assurant une capacité d’accueil globale de 427 lits.
  • Une résidence touristique de 3ème catégorie avec une capacité d’accueil de 20 lits.
  • 03 autres établissements hôteliers en cours de classement notamment au niveau de la ville de Khénifra totalisant 49 chambres avec une capacité d’accueil de 74 lits.
  • Trois auberges classés 2ème catégorie en milieu rural avec un total de 31 chambres assurant une capacité d’accueil de 68 lits.
  • 04 Gites classés 2ème Catégorie en milieu rural avec 27 chambre avec une capacité d’accueil de 74 lits.
  • 02 maisons d’Hôtes de 2ème catégorie avec un total  de 10 chambres de 19 lits. 

    Cette infrastructure d’accueil et d’hébergement touristique au niveau de la Province de Khénifra sera renforcée par la construction en cours  d’une nouvelle maison d’hôtes de 10 chambres avec 20 lits comme capacité d’accueil dans la ville de Khénifra ; Trois nouveaux hôtels totalisant 88 chambres et une capacité d’accueil globale de 176 lits et un hôtel-Club dans la collectivité territoriale rurale de Moha ou Hammou Zayani  dont la capacité d’accueil sera de 80 lits répartis sur 40 chambres.

      Aussi, il y’a lieu de signaler que dans le cadre du contrat programme régionale, une douzaine de projets d’aménagement touristique ont été proposés par la province de Khénifra pour un montant global de 115,1 millions de Dirhams dont 94,6 millions de Dirham comme apport du secteur public. Il s’agit des projets d’Aménagement des sources Oum Rbia, de Valorisation des  lacs  Aguelmam Azegza et Tiglmamine , l’aménagement des rives d oued Oum Rbia , construction de Boutiques d exposition des produits de terroir à Khénifra , d’un Centre équestre à El Hammam, une Centre équestre à Khénifra , un projet de Chasse touristique à Aguelmous , des Circuits pédestres et à dos d’animaux à  Khénifra , l’ouverture d’une Ferme agritouristique et d’une Maison d’Accueil Touristique de Khénifra et projet de Vélo-routes avec infrastructure adaptée à Khénifra.

      A noter aussi que dans le cadre du développement intégré du tourisme rural et de natures au niveau de la province de Khénifra, les décideurs ont proposé la réalisation d’une dizaine de projets pour une enveloppe budgétaire globale de 13,8 million de Dirhams. Il s’agit des projet respectifs de la Construction d’une Maison pour vente de produits de terroir à El Borj,   d’un complexe équestre à Assaka,  d’un camping forestier à Ait Ishaq, d’un camping à Elkbab, d’un camping à Kerrouchen, d’un centre d’accueil touristique à Sidi Yahia Ou Saad et la Construction d’un centre d’accueil et d’interprétation du patrimoine culturel à Sidi Amar avec la Réalisation des circuits pédestre et équestre à Elkbab.

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