RAM plaide pour la reconduction de son contrat programme

RAM attend toujours la signature du contrat-programme avec l’Etat, qui a pris fin en 2016, pour faire face à la montée de la concurrence mondiale et pour réaliser ses ambitions continentales et sa ferme volonté de contribuer au chantier de la régionalisation et au développement du tourisme. Dans c e sens, la compagnie veut ouvrir une nouvelle ligne directe Casablanca-Boston.

Pour ce faire, Abdelhamid Addou, PDG de la RAM est passé, le 21 mai dernier, devant la commission du contrôle des finances publiques du parlement, pour défendre son chantier.

Au fait, Cette séance entre dans le cadre de la discussion du rapport de la Cour des comptes relatif à la compagnie aérienne nationale.

En s’adressant aux députés, le PDG de la RAM a exposé les véritables enjeux de la compagnie, pour les convaincre de l’importance de la signature d’un tel contrat.

Toutefois, les discussions au sein de la commission de contrôle des finances publiques devront reprendre après ramadan. Lors de son intervention, Addou souligne que ce contrat-programme va permettre à la compagnie de mettre en avant ses efforts pour la hisser en tant que compagnie d’envergure internationale mais aussi de dresser les enjeux et les défis de son développement dans un environnement hautement concurrentiel, voire agressif, suite à l’expiration du dernier contrat programme en 2016. Sans pour autant oublier d’évoquer l’instabilité au niveau régional et la volatilité des prix du pétrole qui continue de sévir encore.

Le PDG rappelle que la stratégie de développement de RAM va contribuer à la mise en œuvre du chantier de la régionalisation avancée et à la promotion du secteur du tourisme.

Ce qui suggère l’accompagnement et l’appui des pouvoirs publics. Comme cela se fait ailleurs, dixit Abdelhamid Addou, à l’instar d’Air Algérie, qui vient d’initier une stratégie de développement à l’échelle continentale en bénéficiant d’un appui fort généreux de l’État algérien. Il en est de même pour Ethiopian Airlines qui, elle aussi, a bénéficié de l’aide de l’État pour moderniser sa flotte.

Selon les la Cour des comptes, le contrat-programme est une pièce maîtresse pour les entreprises publiques, qui sont sous la forme juridique de la société anonyme et évoluant dans un cadre concurrentiel. C’est, d’ailleurs, le cas de la RAM qui a un besoin impérieux d’un contrat-programme pour fixer ses objectifs de développement, lui assurer une visibilité et hisser la compagnie parmi les opérateurs aériens de renom.

Pour rappel, la RAM a réalisé un chiffre d’affaires de 16,7 milliards de dirhams au cours de l’année 2018, soit une hausse de 16% par rapport à 2016 et assuré le transport de 7,5 millions passagers au cours de la même année, malgré la conjoncture difficile marquée par la montée du prix du pétrole (30% des coûts d’exploitation), des grèves du staff technique …

Ayant pour ambition de se hisser en tant que leader africain et participer au développement économique du Royaume, RAM aspire à développer sa flotte en portant le nombre d’appareils au double d’ici dix ans. Elle mise aussi sur le renforcement de sa présence sur les axes Europe Afrique de l’Ouest tout en développant de nouvelles liaisons aériennes à l’international.

En outre, RAM se penche sur la question de la transformation digitale pour répondre aux attentes de la clientèle. Cette stratégie de développement prend en compte le programme de développement touristique national, avec la programmation de nombreuses nouvelles destinations les plus prometteuses à travers le hub Casablanca. En plus, ce plan de développement prévoit l’amélioration et le renforcement des lignes intérieures afin de consolider la connexion entre les différentes régions du royaume.

Dans ce contexte, Addou a évoqué les conventions scellées avec les différentes régions en partenariat avec le département du Tourisme et celui de l’Intérieur.

Ces conventions visent à améliorer les capacités de connexion de ces régions avec le réseau international de la compagnie notamment à travers le hub Casablanca.

Où la RAM assure quelque 25 lignes aériennes entre la capitale économique et les différentes villes ainsi qu’entre certaines villes. Il s’agit de 80 vols internes recensés par semaine, dont 50% sont relatifs à ces conventions.

Le PDG a souligné l’importance du positionnement de la compagnie sur le plan africain, lui permettant de participer positivement à la diplomatie économique du Royaume. Et d’ajouter que l’Afrique occupe une place de choix dans la stratégie de la RAM, d’où l’inauguration de nouvelles lignes et le renforcement de la cadence des vols de celles déjà existantes.

Le PDG de la RAM a déclaré aux membres de la commission parlementaire : «Nous avons augmenté le nombre des vols directs entre le Maroc et le Sénégal à 20 vols par semaine et à 7 entre Casablanca Nouakchott. Parallèlement, nous avons revisité le plan des vols en les renforçant et en améliorant leurs conditions. C’est le cas de plusieurs destinations telles que Conakry, Libreville, Bamako, Accra… et aussi en se dotant d’un nouvel appareil (767) dédié au fret. La compagnie offre, ainsi, un réseau dense permettant de connecter l’Afrique avec les plus importantes plateformes d’import-export et répondant aux demandes croissantes des opérateurs économiques marocains et africains pour intégrer le marché mondial. D’autres actions ont été menées par RAM au niveau du continent, dont entre autres le renforcement de l’identité culturelle de l’Afrique ».

Au cours de cette séance qui s’inscrit dans le cadre du rapport de la Cour des comptes sur les établissements publics, le ministre du tourisme, Mohamed Sajid s’est contenté d’un bref exposé, où il s’est félicité de la direction prise par le contrôle de la Cour des comptes qui développe la dimension stratégique des politiques publiques.

Il a, cependant, évoqué l’Open Sky et ses retombées positives, mais n’a rien dit sur le contrat-programme, point important
recommandé par le rapport de Driss Jettou, que le gouvernement doit signer avec la RAM.

En fin de compte, le débat sur ce sujet a été reporté à l’après Ramadan.

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